Coups de Cœur


Le Quatrième Mur
une fenêtre sur le monde réussie, par Rose.L

Beyrouth, 1982, monter Antigone d’Anouilh et voler quelques heures à la guerre grâce au théâtre. Rassembler ces ennemis sur une scène de fortune balayée par la misère et les obus.

Voilà ce que raconte le livre de Sorj Chalandon, ça et la vie de Samuel, un résistant du monde à l’origine de cette belle et folle idée, ça, et l’obsession grandissante de Georges face à ce projet, abandonnant femme et enfant pour la tragédie, ça, et l’amour impossible, la détresse, la mort.

J’ai lu ce livre comme on s’endort, d’abord lentement puis tout à coup.

J’ai été absorbée, happée entre rêve et cauchemar. Entre l’écriture envoûtante d’un auteur de talent et la dure réalité qu’il dépeint. Ce livre m’a apporté un choc, cette si rare déflagration de beauté à l’état pur. L’harmonie parfaite entre des enjeux et des symboles puissants et une écriture, des personnages intelligents et touchants.

La vingtaine de post-it, témoins de phrases particulièrement belles auréolent désormais ma nouvelle « bible » d’un halo de papier.

Et j’aimerais tellement vous faire promettre à vous tous, comme l’a fait Samuel à George, de lire non pas Antigone mais ce livre. J’aimerais vous entendre promettre, non pas comme quelqu’un qui « donnerait l’heure à un passant pressé » pour reprendre Chalandon, mais comme quelqu’un sur le point de recevoir un cadeau, qui pourrait changer sa vision du monde et pourquoi pas le monde lui-même ?

12/2016

Un brillant avenir

Noté 5/5 par Marion.C!

Alors que Catherine Cusset s’était effacée depuis son roman Amours transversales en 2004, elle publie en 2008 son plus grand succès, Un brillant avenir. Cet ouvrage reçoit le prix Goncourt des lycéens la même année, ce qui lui a permis de se retrouver sur la liste des meilleures ventes pendant plus de six mois.

Cette histoire se passe dans la Roumanie communiste et antisémite de Ceausecu et met en avant les rivalités entre familles différentes autour d'une histoire hors du commun : celle quelque peu tumultueuse d’Elena qui a été adopté par sa tante, et qui devait déménager de ville en ville durant son enfance pour fuir la Bessarabie. Elle rencontre en Roumanie son âme sœur, Jacob, qui est juif et avec qui elle se marie contre le gré de ses parents. Pour fuir ensuite la dictature roumaine, ils s’enfuient tous les deux avec leur fils Alexandru. Après de nombreuses épreuves, ils réussissent enfin à migrer aux États-Unis et à commencer une nouvelle vie qu’Elena vivra sous le nom d’Helen. Leur fils suivra cependant la même trace que ses parents quant à ses histoires de cœur.

Ce roman est un incontournable, à la fois touchant et révoltant. À travers ses histoires familiales, on remarque que nos propres expériences ne nous servent pas toujours de leçon et que l’on fait parfois vivre à des personnes qui nous sont chères des choses difficiles en pensant que c’est le mieux pour elles mais sans penser à notre propre passé. C’est ce que vont faire Jacob et Helen avec leur fils.

Se plonger au cœur de la Roumanie du temps de la dictature, nous permet de mieux ouvrir les yeux sur le monde extérieur et de nous rendre compte de la vie difficile des gens qui essayaient de fuir. Cet ouvrage offre aussi une réflexion très pertinente sur le fait d’accepter les personnes différentes de nous, ce qui est difficile pour Helen qui n’arrive pas à se résoudre à laisser son fils épouser une française.

Ce livre nous permet finalement, en tant que français, d’avoir un point de vue extérieur sur la pensée des autres dans le monde. C’est une histoire passionnante à laquelle on s’accroche dès les premières pages et jusqu’au bout pour suivre les bons moments comme les plus difficiles d’Elena, Jacob et leur fils.

12/2016

Prescription

Date de péremption de la justice? Par Maria.H

Il y a plus d’un mois, le 19 octobre, Flavie Flament publiait le roman La Consolation dans lequel elle évoque son viol, commis par un photographe de renommée mondiale, mais sans mentionner son nom, les faits étant prescrits. Il y a moins d’une semaine, le 25 novembre, David Hamilton, désigné comme violeur de la présentatrice par plusieurs (dont F.F.), se suicidait à son domicile parisien.

On peut retrouver dans la Consolation (ed. JC Lattès), le témoignage du viol de Flavie Flament lorsqu’elle avait à peine 13 ans mais également le récit de comment elle a grandi avec une mère rejetant ses frustrations sur elle et la rabaissant quotidiennement, tout en se dissimulant derrière un masque de mère aimante devant les autres. F.F. raconte donc l’histoire de « Poupette » (son ancien surnom) que sa mère emmenait aux Champs-Élysées afin qu’elle se fasse repérer et approcher par des hommes. Elle relate également ses vacances au Cap d’Agde, lieu de sa rencontre avec un photographe, qui se révélera, plusieurs semaines après la sortie du livre, être David Hamilton. Ce séjour prendra rapidement des airs de punition, Poupette étant obligée de se rendre tous les après-midis chez ce photographe. Vite, ce dernier se révèle être un prédateur : « l’homme qui lui faisait face : à poil, des sandales en cuir aux pieds, son appareil photo à la main ». La description de cette scène a donc de quoi effrayer, mais la mère de Poupette se contente d’un « Je reviens la chercher à quelle heure ? » avant de partir. Avec une écriture sans manières et une simplicité étonnante, Flavie Flament sort de son silence et permet de relancer le débat sur la prescription des crimes sexuels sur mineurs (la victime d’infractions sexuelles sur mineur peut porter plainte jusqu’à ses 38 ans dans les cas les plus graves, selon le ministère de la justice).

Il y a un mois, je décidai d’écrire un article sur le roman de Flavie Flament, et il y a une semaine, j’appris le suicide de David Hamilton. Comme toute personne qui s’était fortement intéressée à cette affaire, j’ai tout d’abord ressenti une forte angoisse, je ne voulais pas y croire, ça ne pouvait pas se finir comme ça. Puis vint très vite un sentiment d’injustice et de colère, et le pressentiment que certaines personnes allaient le poser comme victime, comme bouc émissaire. Effectivement, alors que pourtant d’autres femmes ont témoigné avoir été agressées sexuellement par le photographe, beaucoup de personnes telles que le frère et la mère de F.F., des proches et des admirateurs de D.H. remettaient fortement en question les écrits de la présentatrice et cela dès leur sortie, insistant sur le fait qu’il s’agisse d’un roman, et non d’une autobiographie.

Alors se posent deux questions : pourquoi y a-t-il toujours prescription pour des actes d’une telle sorte et pourquoi, malgré les accusations qui pèsent sur lui, David Hamilton a-t-il gardé une part de popularité voire des personnes niant les faits ? Le photographe s’est plaint que sa présomption d’innocence n'a pas été respectée, mais il s’agit d’un principe selon lequel « toute personne qui se voit reprocher une infraction est réputée innocente tant que sa culpabilité n'a pas été légalement prouvée » ce que l’on peut facilement respecter, mais lorsque l’on sait qu’il n’y aura pas de procès, pas de jugement, comment peut-on laisser le doute planer et ne pas s’interroger ? Ce qui mène à la seconde interrogation : pourquoi, souvent, des artistes très populaires se voient pardonnés des actes horribles, et échappent à la justice alors que lorsque des personnes dites lambda les commettent, elles sont qualifiées de monstres ?

Bibliographie: La Consolation, Flavie Flament (JC Lattès, 2016)

12/2016

Tamara

Une BD au succès mondial ENFIN au cinéma! Par a.attia

Tout le monde connait l’adolescente complexée par ses rondeurs et sa meilleure amie Jelilah et leurs aventures sont enfin au cinéma dans un film totalement français avec les acteurs Rayane Bensetti de danse avec les stars, Héloïse Martin et Sylvie Testud.
La promotion du film commence par une tournée des acteurs principaux à travers l'Europe, et les fans de Tamara se précipitent tous dans les salles. Même si pour l’instant il n’est disponible sur aucun site de streaming, il est encore au cinéma "de Brouckère".
La BD Tamara a eu un tellement gros succès que les fans redoutaient que le film ne soit pas à la hauteur de leurs espérances mais j’ai été agréablement surprise par le réalisateur Alexandre Castagnetti (ancien chanteur). Le film essaie d’être très fidèle à la BD ce qui n’est pas une mince affaire et je trouve que le choix des acteurs était judicieux pour les rôles principaux.

C'est un film à voir entre amis comme en famille, et les fous rires sont garantis. Donc TOUS AU CINEMA!

11/2016

#