Le Lycée bouge


En Bref

"Grève des professeurs de février", par Emma B

Vous savez surement que certain profs font grève demain (Jeudi 9/02), mais savez-vous pourquoi ?

En raison d'un effectif enseignant en baisse sur le territoire français, on refuse à certain professeurs de lycées français à l'étranger le renouvellement de leur contrat de travail pour les rapatrier en France. Cela veut donc dire pour certains devoir quitter leur famille installée à l'étranger.
C'est le cas cette année de 50 professeurs dans tous les lycées à l'étranger et peut-être 3 professeurs de notre établissement.
De plus il est intéressant de rappeler que si ces professeurs sont renvoyés, le lycée devra donc employer de nouveaux professeurs privés pour les remplacer, entrainant une hausse du prix annuel du lycée.

On leur souhaite donc bonne chance et bon courage pour demain!

Dernières nouvelles:

La vidéo sur la JNSS (voir ci-dessous) enfin en ligne! Vous la trouverez sur le site de l'AEFE... C'est à dire ici!

Des photos ainsi qu'une texte du point de vue de notre mentor à la communication de l'agence, Thomas Rouchié, est également disponible .

Citius, Altius, Fortius

"Une année sous le signe de l'Olympisme", par Léa G

Nous sommes un mois après l'évènement, tant de temps semble avoir passé et pourtant j'ai toujours dans un coin de ma mémoire une petite voix qui n'y croit pas : nous avons fait des rencontres si exceptionnelles ce mercredi 14 septembre à Paris, lors de la Journée Nationale du Sport Scolaire (JNSS pour les intimes) !

Réveil ; 5 heures 30, je ne tiens plus en place : « yé yé les copains on prend le train ! » Les copains, c'est à 7 heures que je les retrouve, à la gare. Un groupe de neuf lycéens et deux profs de sport pour une bande joyeuse et matinale, dans un train rempli de gens qui vont bosser, un jour de semaine... C'est assez surréaliste. La suite aussi d'ailleurs : un ciel tout bleu nous acceuille à Paris, et il fait déjà chaud au centre sportif Paul Valéry, dans le 12ème arrondissement. Enfin, le stade, il a fallu le mériter, même si on a pu admirer une rue, un lampadaire et la Tour Eiffel au 46ème plan avant d'arriver.

Sport n°1 : orientation dans les rues de Paris ; validé ! Sport n°2 : handball « comme les pros » avec des capteurs pour la réactivité (30 secondes pour en valider le plus possible), la vitesse (le meilleur du groupe a quand même fait 85km/h!) et la précision. Ensuite, nous avons fait de la spéléologie (normalement exploration des grottes) sur une clotûre du lycée ! La découverte du matériel et son utilité pour monter à la corde ou descendre en rappel était l'objectif principal de cette activité.

Déjà 11 heures ! Jérémie et moi avons à peine eu le temps de nous échauffer pour le tennis qu'il fallait déjà partir. Partir au CNOSF (Comité National Olympique et Sportif Français) avec celui qui allait vite devenir notre mentor : Thomas Rouchié, chef du service communication et évènements de l'AEFE (je ne détaille pas ce sigle). Dès lors, tout s'enchaîne : arrivée de la ministre qui, nous le rappelons, assistait comme tous les mercredi matins au conseil des ministres, prises de vue pour Jérémie, de notes pour moi et de parole pour différents notables devant des groupes d'élèves « venus participer à un atelier de concertation, pour donner leur avis sur ce que représentent les Jeux pour eux, et ce qu'ils aimeraient voir si Paris était la ville sélectionnée pour 2024. » (Tony Estanguet).

« Passer d'une nation de sportifs à une nation sportive » (M.Deguilhem dans un rapport sur l'état du sport)

Justement, ces JO de Paris, on avait pas fini d'en parler ! Il étaient l'un des points clés de cette journée marquant le début de l'année de l'Olympisme à l'école. Sarah Ourahmoune, la vice-championne olympique de boxe anglaise à Rio présente au CNOSF, nous a parlé de l'importance de « sensibiliser les jeunes à la candidature de 2024 : peut être que certains d'entre eux seront sportifs, bénévoles, trouveront des emplois grâce à ces jeux, des infrastructures vont êtres créées... Le pays en a besoin ! » Le triple champion olympique de canoë Tony Estanguet (et co-président du comité de candidature Paris 2024), nous a expliqué que « pour organiser ces jeux il faudra d'abord convaincre la communauté internationale qu'on est les mieux placés » ; en effet, face à L.A. (entre autres), le match promet d'être serré ! Une autre championne, Elodie Clouvel, médaillée d'argent au pentathlon moderne à Rio, nous a parlé de son rôle d'ambassadrice des JO, en disant qu'elle rêverait de concourir pour l'or au château de Versailles, et que les JO de Paris seraient une opportunité « exceptionnelle, fabuleuse de rassembler les pays dans la plus belle ville du monde ». Finalement, le directeur de l'UNSS Denis Masseglia nous a fait part d'une idée qui mérite réflexion : « Les JO 2024 pourraient être un accélérateur, nous permettre de gagner une vingtaine d'années. »

Un des autres objectifs de cette JNSS était évidement la promotion du sport à l'école. Comme nous l'a si bien dit notre ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche Najat Vallaud-Belkacem : « la JNSS a lieu chaque année, c'est l'occasion de sensibiliser les élèves à la pratique sportive et de donner à voir ce que le système scolaire fait en matière de sport pour ses élèves. » « Ce que le système scolaire fait en matière de sport pour ses élèves », c'était d'ailleurs le thème du rapport sur l'état du sport « promouvoir l’activité physique et sportive pour tous et tout au long de la vie – des enjeux partagés dans et hors de l’école ». Cette conférence nous en a appris plus sur l'état actuel des choses et les projets proposés par deux députés, Pascal Deguilhem et Régis Juanico. Ils ont tenu à faire état de la situation des 9-16 ans, dont la sédentarité a dangereusement augmenté, au point qu'aujourd'hui ils sont moins de 50% à pratiquer les 60 minutes d'activité physique préconisées par jour. « En 40 ans, les collégiens ont perdu 25% de leurs capacités physiques ; cela donne des lycéens qui courent moins vite, moins longtemps : la prise de bonnes habitudes dès le plus jeune âge est essentielle ». C'est pourquoi parmi leurs 54 propositions se trouvent la création d'associations sportives dans toutes les écoles primaires, mais aussi la création d'aménagements de proximité mis à la disposition des résidents de tout âge. Un tiers du temps réglementaire d'EPS de 3 heures par semaine dans le premier degré (maternelle et élémentaire) n'est pas respecté. Le défi principal selon eux, ce sera aussi de faire en sorte que tous les élèves entrant en sixième sachent nager.

Le députés ont conclu en disant que la « valorisation de la pratique sportive tout au long de vie » contribuerait à faire des français une « nation sportive ». Sarah Ourahmoune a d'ailleurs dit se sentir « porteuse d'une responsabilité : celle de transmettre un exemple », elle nous a aussi exprimé combien « ça fait du bien de se sentir soutenu » par tant de supporters.

L'UNSS et les champions

L'Union Nationale du Sport Scolaire (UNSS), dont vous avez probablement déjà entendue parler si vous êtes membre de la section sportive de l'Astrolabe, est la fédération du sport scolaire du second degré (collège et lycée). C'est elle qui organise des compétitions dans de très nombreuses disciplines et à differents niveaux. Qu'en pensent les personnalités que nous avons rencontrées ? Tout d'abord Laurent Petrynka a parlé du rôle de l'UNSS, organisation dont il est le directeur, dans cette journée : « La JNSS a plusieurs objectifs : faire des portes ouvertes pour l'UNSS (signaler aux parents et aux élèves que l'année commence), montrer à tout le monde qu'on est capable d'organiser de grands évènements, des manifestations où nos ambassadeurs viennent […] montrer de bons modèles sportifs à nos élèves ».

Les ambassadeurs justement, étaient là pour nous parler. Tony Estanguet témoigne : « J'ai toujours eu ce lien entre le sport dans un club et le sport à l'école : mon père était même professeur d'EPS ». Elodie Clouvel en a fait partie : « c'est grâce à l'UNSS que j'ai pu être recrutée : j'ai été championne de France en cross junior et en natation. » Elle nous a présenté son « sport de guerrier », le pentathlon moderne, qui comprend escrime, natation, équitation, tir au pistolet et course à pieds (ces deux derniers sports forment le combiné : « c'est du tir laser entrecoupé de 4 fois 800m de course, mon épreuve préférée, une épreuve cruciale où tout se joue ! »). La championne nous a fait part de son envie de voir le combiné s'ajouter à la carte des sports proposés en AS dans les écoles.

L'UNSS c'est tout de même de la diversité, et Laurent Petrynka nous l'a rappelé, tout d'abord à travers les sports les plus célèbres : le foot, l'athlétisme, le handball et les cross (« c'est pratiquement 400 000 jeunes qui courent les cross chaque année ») mais aussi des sports plus originaux tels que le surf, le skate, la boccia (pour les jeunes en situation de handicap), le tir à l'arc et le tir sportif. Mais avant tout, « La grande expérience de l'UNSS c'est l'amitié. Ensuite il y a l'expérience unique de représenter son école. » C'est à travers cette citation de Laurent Petrynka qu'on peut rapprocher l'olympisme du sport scolaire car « ce sont trois valeurs : l'excellence, l'amitié et le respect. Il faut que les jeunes vibrent à l'idée d'être meilleurs, de se respecter et d'être amis. » Et ça, c'est Denis Masseglia, le président du CNOSF qui nous l'a dit !

Il a aussi fini en exprimant l'importance des liens club-écoles : « l'UNSS doit donner envie d'aller plus loin, d'intégrer un club. Car à travers la pratique en club on se construit sur le plan humain : c'est un échange inter générationnel, un chemin vers la construction d'une identité autour de son sport ». Ce genre de liens s'établissent déjà; pour parler de ce que je connais, je citerais l'exemple de l'AS Course d'Orientation de Julien Kervédaou dans notre cher LFJM, qui permet à tout élève inscrit d'être aussi licencié à l'ASUB (LE club bruxellois de Course d'Orientation).

Certaines des personnes que nous avons interrogées ont dit des choses très intéressantes à propos de l'AEFE et de ses élèves. Olivier Krumbholz, l'entraineur de l'équipe de France féminine de handball, a tenu à nous remercier pour notre soutien lors des compétitions. « Lorsqu'on joue dans les grandes villes à l'étranger, on essaye de faire venir les élèves du lycée français local. Ce sont toujours de formidables supporters, d'ailleurs souvent quand ils viennent voir un match ils viennent voir tous les autres […] C'était particulièrement le cas en 2015 à Doha, les élèves étaient de plus en plus nombreux à chaque match. […] Les handballeuses, ça leur fait plaisir, parce que c'est vrai qu'on est un peu isolés et [ces élèves] aussi. Ils sont content de voir des français et ils viennent même avec leur drapeau. Quand on peut leur parler on le fait, comme à Sao Paulo au Brésil, où on avait été jusqu'en finale. » Tony Estanguet complète : « c'est tellement important de savoir qu'on est soutenu par tant de français, aussi bien en France qu'à l'étranger, qui ont envie de voir leur pays organiser de grands évènements. »

Laurent Petrynka nous a défini comme « un réseau d'excellence au niveau des études et du sport : des élèves passionnés par le sport et qui pratiquent. » et Najat Vallaud-Belkacem a même dit que « les lycées français à l'étranger jouent le rôle d'une carte de visite de la France. » Quel prestige !

Le Sport

Quelques citations de nos intervenants sur le sport :

  • « Le sport c'est un effort qui paye, une source de confiance en soi pour tous les élèves : cela permet à certains de trouver leur place et c'est pour cela qu'il faut que les professeurs d'EPS soient plus reconnus » Najat Vallaud-Belkacem
  • « Le sport pour moi, c'est avant tout un vecteur de plaisir : se dépenser, se faire des amis, se défouler. […] ce qui revient, quelque soit le sport, c'est que ça fait du bien » Tony Estanguet
  • « Le sport est un moyen en soi : c'est du plaisir, du dépassement... Mais au-delà, le sport rend intelligent, est bon pour la santé et pour les relations humaines. » Laurent Petrynka
  • « Pour moi faire du sport, c'est un rêve depuis toujours : il faut être déterminé et ne rien lâcher. » Elodie Clouvel
  • « C'est un outil pour la concentration, la confiance en soi, le vivre-ensemble : c'est un facteur de réussite qui œuvre contre le décrochage et surtout, surtout, un enjeu de santé publique ! » les députés Deguilhem et Juanico dans leur rapport.

Ne me remerciez pas, c'est exclusif et juste pour votre bon plaisir ! Mais il est vrai qu'avec toutes ces interviews, on perdrait presque de vue les élèves, pourtant principaux acteurs de cette journée. Nos camarades se sont dits impressionnés par tous les sports proposés au centre Paul Valéry : pendant que Jérémie et moi étions au CNOSF, ils ont fait du tennis, du tir à l'arc et de la corde à sauter. Cette dernière, bien loin d'être un sport de gamine de primaire, a été presque à l'unanimité l'activité qu'ils ont préférée. « Il y avait un gars qui faisait une démo : il alternait des sauts et des pompes, il a même fait des saltos ! Nous on a essayé de faire une pompe, et c'était déjà super chaud », a rapporté Lucas. Regardez aussi notre vidéo pour en savoir plus sur la course en fauteuil roulant, un sport insolite et très, très éprouvant (on a testé) !

Finalement, la JNSS, c'est une centaine de manifestations dans bien des établissements français du premier comme du second degré. C'est l'occasion « d'ouvrir ses horizons, de tester ses goûts et d'essayer des sports très variés » selon notre ministre de l'éducation nationale (qui était ministre des sports dans le gouvernement Valls). Pour nous autres élèves du lycée français de Bruxelles, ça a été une journée de sport, de rencontres et de plaisir autour du sport, et j'en remercie l'équipe qui nous a permis de partir comme ça, dès le début de l'année : la direction, l'Astrolabe et les profs de sports M.Kervédaou et M.Chopin qui nous ont accompagnés. Jérémie et moi ne remercierons aussi jamais assez Thomas Rouchié et Hélène Pouyfaucon des services communication de l'AEFE pour nous avoir permis d'interviewer des personnalités et nous avoir guidé tout au long de la journée. Que des bons souvenirs !

10/2016

Relais Fauteuil
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